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url: https://crimethinc.com/2020/08/19/sur-le-bannissement-par-facebook-de-pages-anarchistes-et-antifascistes-et-la-censure-digitale-qui-vient

lang: fr
title: Sur le bannissement par Facebook de pages anarchistes et antifascistes et la censure digitale qui vient
subtitle: 
tags: facebook, internet, Censorship

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summary: This has nothing to do with stopping violence and everything to do with cracking down on social movements and people organizing in their communities.

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Facebook (FB) a supprimé plusieurs pages qu’ils croient être connectées à [crimethinc.com](https://crimethinc.com/) et [itsgoingdown.org](https://itsgoingdown.org), parmi d’autres pages anarchistes et antifascistes,[^1] officiellement parce qu’elles « soutiennent la violence ». Cela n’a rien à voir avec stopper la violence mais tout avec la  répression des mouvements sociaux et des moyens de tout un chacun de  s’organiser localement.

[^1]:  Certains des autres comptes Facebook bannis aujourd'hui sur base du même prétexte appartenaient au musicien MC Sole, à l'auteur de "Truthout" Chris Steel et au site d'infos européen Enough is Enough."

FB s’est toujours vendu comme un moyen d’aider les gens à créer des réseaux pour répondre à leurs besoins. Des représentants de FB ont fièrement parlé de leur rôle dans le soulèvement égyptien. Leur  décision de bannir les mouvements sociaux montre qu’ils sont tout-à-fait prêts à s’engager pour que les seules formes d’activisme qui émergent  soient celles qui bénéficient au pouvoir en place. Donald Trump a  demandé pendant des mois ce coup de bâton dans une série de posts sur  les réseaux sociaux qui accusaient explicitement les anarchistes et les  antifas lors du mouvement national de protestation cristallisé par la  violence policière endémique aux US.

La définition de la violence n’est pas neutre. Dans la définition de FB, il est légitime pour la police de tuer un millier de personnes par an  tout en en expulsant, kidnappant et emprisonnant des millions — il est  légitime de bombarder des civils, tant que l’agresseur est un  gouvernement établi — mais c’est « violent » d’empêcher un suprémaciste blanc d’attaquer une foule ou de renvoyer  une cartouche de lacrymo aux flics qui l’ont lancée. Baillonner les voix de celleux qui cherchent à protéger leurs communautés de la violence  blanche et institutionnelle est une décision nette de normaliser la  violence tant que ceux qui l’utilisent sont un pouvoir établi.

[[https://twitter.com/nickmartin/status/1296175961260482560]]

Mettre les anarchistes et les antifas dans le même sac que les  milices d’extrême-droite qui soutiennent explicitement l’État est un  mouvement stratégique pour brouiller les pistes. C’est la même opération qu’avait menée William Barr [[1](https://paris-luttes.info/sur-le-bannissement-par-facebook-14237?lang=fr#nb1)] en créant un groupe de travail au département de la Justice sur les « extrémistes anti-gouvernement » de toutes sortes. Dans le cas de la Justice, ça leur permet de montrer  du doigt les attaques de milices d’extrême-droite pour demander des  ressources pour attaquer celleux qui sont en première ligne pour  défendre les communautés de ce genre d’attaques. Ils essayent de faire  la même chose aux gens de Black Lives Matter, en les associant aux  néos-nazis et aux nationalistes blancs dans la case « extrémistes raciaux ».

Après qu’un fasciste ait tué Heather Heyer pendant le mouvement « Union de la droite » à Charlottesville, une énorme pression populaire est montée pour virer  les fascistes et les suprémacistes des réseaux sociaux. Cette fois-ci,  l’impulsion vient d’en haut, à un moment où les mouvements sociaux ont  été essentiels pour l’ouverture à l’échelle nationale des discussions à  propos de l’oppression et de la violence d’État. C’est une  contre-attaque des gens au pouvoir contre les sites qui ont publié les  idées de celleux qui se sont mobilisé·e·s contre le fascisme à  Charlottesville. Ce n’est pas une coïncidence que ça arrive peu après  que Trump ait déployé les troupes fédérales à Portland, Oregon,  provoquant des semaines d’émeutes. Pendant que l’extrême-droite continue à s’organiser sur FB et que millions de gens répandent des mensonges dangereux à propos du Covid, FB coopère activement avec l’administration Trump pour réprimer les voix dissidentes.

Ne nous y trompons pas, si ceci passe sans réaction, ça ne s’arrêtera pas là. Plus il devient banal que les gouvernements puissent décider de quelles voix peuvent s’exprimer sur les réseaux sociaux, plus la  censure va s’infiltrer profondément dans la société et plus elle va  façonner ce qu’il est possible de penser, d’imaginer.

Si vous vous sentez concerné·e·s, s’il vous plaît utilisez tous les moyens à votre disposition pour diffuser ce message. FB ne devrait pas pouvoir décider pour vous de ce qui est un discours  sensé. Ensemble, solidairement, nous pouvons créer un monde meilleur,  dans lequel personne de sensé n’a à craindre que les fascistes, les  gouvernements ou des compagnies multi-milliardaires ne puissent  supprimer sa liberté d’expression.

[[https://cdn.crimethinc.com/assets/articles/2020/08/19/banned-on-facebook.jpg class:portrait]]	    

# Note

Ndt : [It’s going down](https://itsgoingdown.org) et [CrimethInc](https://crimethinc.com) sont deux importants médias anarchistes aux États-Unis. D’autres pages  reliées à des groupes anarchistes ou antifascistes ont également été  supprimées ; c’est le cas de celles de [The Base](https://thebasebk.org), [Revolutionnary Abolitionist Movement](https://www.revolutionaryabolition.org) ou [PNW Youth Liberation Front](https://pnwylf.noblogs.org/).


